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THIERRY LAUREY ENTRAÎNEUR DU GFC AJACCIO

le 7 janvier 2015
Interview adversaire

 

Thierry bonjour, votre bilan à presque mi-saison est plutôt satisfaisant…

Oui c’est vrai, c’est un bilan correct, très satisfaisant même. On ne s’attendait peut-être pas à être là aujourd’hui, mais on a pris ce qu’il y avait à prendre, à savoir 29 points. Après, le championnat n’est pas terminé. Il reste beaucoup de points à prendre ou à laisser. C’est pour cela qu’il faut que nous restions concentrés jusqu’au bout, en gardant le même état d’esprit.

Comment avez-vous procédé pour entretenir la dynamique?

Je pense qu’on a réalisé un très bon recrutement. On disposait d’une équipe dotée d’un réel potentiel, mais qui manquait un peu d’expérience. Nous avons donc recruté un joueur par ligne pouvant pallier à ce manque: Bréchet, Ducourtioux et Pujol. Aujourd’hui on s’aperçoit qu’ils nous apportent beaucoup. Certains de nos joueurs provenaient du milieu amateur, et aujourd’hui se comportent en vrais professionnels. Ils ont su hisser leur niveau de jeu grâce à nos trois recrues. Eux ont fait ça naturellement, avec humilité mais beaucoup de travail.

La rivalité avec l’autre club ajaccien est-elle difficile à gérer?

Absolument pas, dans la mesure où on se voit très peu. Eux se trouvent dans une partie de la ville, nous dans une autre. Il nous arrive de nous croiser, entre entraîneurs ou dirigeants et nos rapports sont très courtois. Au niveau des supporters je ne sais pas, mais les joueurs parlent bien sûr du derby. Car deux clubs dans une même ville, cela reste quand même très rare dans le football français. On a déjà disuté le match aller, et dans quinze jours on se déplacera à… Ajaccio!

Les entraîneurs de Ligue 2 ont coutume de dire que les Chamois Niortais ne se trouvent pas à leur place. Est-ce également votre avis?

Je n’ai pas tout décortiqué par rapport aux vidéos que j’ai visionnées. Mais Niort est une équipe qui possède des principes de jeu intéressants. Et s’ils se trouvent à cette place aujourd’hui, c’est certainement dû à un manque d’efficacité. Autant défensive qu’offensive. Ils disposent de joueurs pétris de qualité. J’en ai eu quelques-uns sous mes ordres, et je sais qu’ils ont largement le niveau de la Ligue 2. Et puis j’ai joué avec leur entraîneur Régis Brouard à Montpellier. Je ne suis pas inquiet en ce qui concerne leur avenir.

Il y a quelques saisons, vous aviez été reçu par les dirigeants niortais pour entraîner notre équipe. Comment s’était passé l’entretien?

J’en garde un excellent souvenir. J’étais d’ailleurs venu à Niort avec mon épouse et les dirigeants nous avaient fait visiter la ville. Je croise toujours avec plaisir Joël Coué, Pascal Gastien qui dirigeait à l’époque le centre de formation ou encore Samuel Michel. J’avais été reçu avec beaucoup de simplicité. Cela ne s’était pas fait pour diverses raisons, bien que l’état d’esprit me plaisait. Mais Niort venait de descendre en National, j’avais été contacté par des clubs de Ligue 2, et j’avais à ce moment-là envie de franchir un palier. 

Que connaissez-vous des Chamois Niortais?

Pas grand-chose à vrai dire. Je prends bien sûr des renseignements et je sais par exemple que leur réserve marche très bien. Niort a toujours été un club à vocation formatrice, et il est important pour eux que leur réserve retrouve la CFA2. Niort est en train de refaire son trou et aspire à retrouver sa vraie place, à savoir un club bien ancré en Ligue 2 voire plus quand on a connu la Ligue 1. Je me souviens très bien y être venu en 1987-88 et y avoir perdu avec Montpellier, sur un but de Pierre Morice, un esthète du football, d’une frappe de 35 mètres! Nous étions tous les deux promus. Niort était parti en boulet de canon pour finalement descendre en D2 en fin de saison. Nous avions connu un départ plus laborieux mais nous avions terminé troisièmes et nous étions qualifiés pour la Coupe d’Europe. Comme quoi le destin en football tient à pas grand-chose… C’est pourquoi il faut rester vigilant et prudent.

Entraîner un club corse, est-ce différent que sur le continent?

Pour moi pas du tout. Je suis plus tranquille, surtout si je compare avec ma dernière expérience à Arles-Avignon. On m’a recruté pour entraîner et il n’existe pas d’interventions extérieures. Depuis un an et demi je vis un rêve, celui d’entraîner comme je l’entends. Et puis il y a l’environnement. Vous voyez, là je suis sur ma terrasse, face au golfe d’Ajaccio face à la mer… Le joueur n’est pas stressé par le temps pourri. Sa famille s’y trouve bien donc lui est bien dans sa tête et peut se concentrer sereinement sur le terrain. Ça améliore le moral, la luminosité et la chaleur.  

Quel souvenir gardez-vous de votre unique sélection en équipe de France (Ecosse-France, le 8 mars 1989)?

Disons que je ne m’y attendais pas forcément, même si depuis deux ou trois saisons je me trouvais sur le devant de la scène.En fait j’ai eu deux convocations pour une sélection. J’avais été sélectionné en Espoir, France Olympique et A’. C’aurait pu être une suite logique. Je devais être remplaçant, mais Jean Tigana s’est blessé et je me suis retrouvé titulaire. Mais on a perdu en Ecosse, la qualification pour la coupe du Monde 90 s’est éloignée et Michel Platini , le sélectionneur de l’époque est reparti sur autre chose. J’en garde malgré tout un excellent souvenir. J’ai côtoyé Papin, Amoros, Blanc ou encore Franck Sauzée qui sont des joueurs ayant marqué le football français.

A quel type de rencontre vous attendez-vous vendredi soir?

Forcément à une rencontre difficile. Niort vient de se faire sortir en coupe et je m’attends à une réaction. Nous aussi ça nous est arrivé contre une CFA. C’est le lot de la coupe. Tous les ans il y a des surprises. Je ne pense pas que les Chamois pensaient remporter la coupe de France, mais réaliser un beau parcours est toujours agréable. Nous, si on veut rester à notre place, il nous faudra prendre des points à l’extérieur puisqu’ à la maison ça ne se passe pas trop mal. Mais nous nous sommes déplacés chez les « gros ». J’espère dès vendredi corriger cette statistique et ramener quelque chose de Niort.


Propos recueillis par Bruno Charlie Ahime

 

 

 

JEAN-LUC VANNUCHI ENTRAÎNEUR D’AUXERRE ALEX DUPONT ENTRAÎNEUR DE BREST JEAN-LUC VANNUCHI ENTRAÎNEUR D’AUXERRE ALEX DUPONT ENTRAÎNEUR DE BREST
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