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JEAN-MARC FURLAN ENTRAINEUR DE TROYES

le 22 septembre 2014
Interview adversaire

 

Jean-Marc bonjour. Etes vous satisfait du début de championnat de votre équipe?
Bonjour. Oui bien sûr, on est satisfait de ce début, même si nous venons de perdre deux fois. Malgré quelques soucis physiques et quelques blessés, ça reste encourageant.

Vous venez à contrario de subir deux revers consécutifs, à quoi attribuez vous cette déconvenue?
Déjà au fait de ne pas avoir pu aligner deux fois de suite la même composition. Vous savez, les causes d’un échec sont multi-factorielles. Le derby (contre Auxerre) est quelque chose de spécial, de particulier. On a perdu contre le cours du jeu, en nous faisant contrer. C’est récurent des petites choses qu’on arrive pas à faire à domicile. Il va falloir y remédier. On connaît des difficultés face aux équipes qui restent derrière et ferment le jeu. Après, on a eu des blessés, des joueurs malades. C’est le lot de toutes les équipes que d’être moins performantes quand il leur manque des joueurs.

Dans quel état d’esprit se trouve votre groupe actuellement?
L’état d’esprit est resté bon. C’est un groupe qu’on a façonné depuis deux ou trois ans à l’image du club, de la ville, de la région. Même si j’ai parfois le sentiment que les joueurs se prennent trop la tête par rapport aux résultats. Quand on perd, on est déçu et contrarié, c’est normal. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il existe une différence colossale entre la Ligue 1 et la Ligue 2. En Ligue 2, les joueurs vivent bien et savent mettre leur égo de côté en général. Par contre, en huit ou dix mois de Ligue 1, le même groupe est totalement transformé. Il est soumis à un tout autre environnement. Le coach doit beaucoup s’investir dans la cohésion de groupe.

Quels sont les objectifs pour un club comme l’ESTAC?
Notre président a coutume de répéter la même phrase chaque saison: « Prenons les 44 points le plus rapidement possible, afin que naissent nos ambitions. Tous les présidents devraient réagir comme ça. Même si je sais très bien qu’on ne peut pas parler comme ça à Marseille ou à Saint-Etienne. C’est un discours qui ne manque pas d’ambition. Vous savez, le souvenir de la Ligue 1 n’est pas effacé. On compte bien jouer le haut du tableau.

Il y a quelques années, vous aviez failli devenir l’entraîneur de Niort (Vincent Dufour sera finalement choisi et ne tiendra que six mois). Qu’est ce qui avait capoté pour que ça ne se réalise pas?
J’avais effectivement reçu un coup de fil. Mais le contact n’a pas été soutenu. Je pense que les dirigeants niortais ont vite porté leur choix sur Vincent.

Vous entraînez l’ESTAC pour la seconde fois. C’est donc un club qui correspond à vos aspirations?
Indéniablement. Quand on a 35 ou 40 ans, on est très ambitieux. On veut tout manger, tout casser. Un collègue disait à juste titre: « L’entraîneur heureux est l’entraîneur qui travaille. Il a raison. J’en connais qui ont disputé des finales de coupe et qui sont au chômage. En vieillissant, on s’aperçoit qu’il faut posséder de bons joueurs. On a beau être des leviers, des vecteurs de transmission, ce sont les joueurs qui gagnent les matchs. Mais Troyes reste pour moi avant tout une aventure humaine extraordinaire. Des gens que j’ai côtoyés en 2004 sont toujours là. Certains sont devenus des amis. Troyes est un club où on peut travailler en toute liberté. Effectivement, il me correspond très bien.

Vous êtes réputé pour prôner le beau jeu et être également un excellent formateur. Aimeriez-vous entraîner un club comme les Chamois Niortais?
Oui bien sûr, en plus ce n’est pas loin de chez moi. J’aime que mon équipe ait le ballon et attaque. Même si récemment on a gagné à Clermont en contres. En fait il existe trois types d’entraîneurs. Celui qui veut la possession de la balle, celui qui la laisse au camp d’en face, et celui qui s’adapte à l’adversaire. Je fais partie de la première catégorie. Quans on a le ballon, on se trouve plus souvent dans le camp de l’adversaire, donc on peut le mettre en danger. C’est ma mentalité. Après, on dit que j’ai un profil de bâtisseur, ce qui peut correspondre à des clubs de villes moyennes, comme Niort ou Troyes.

Justement, vous avez fait éclore des jeunes comme Matuidi, Gomis, Perquis ou encore Obbadi. Ce doit être une grande satisfaction que de voir ce qu’ils sont devenus?
Bien sûr. Quand on n’a pas de titres, on se contente de ce qu’on peut (rires). J’ai la chance d’avoir connu des accessions. Mais former reste indispensable. Cela fait partie du métier. On a un rôle pédagogique et de transmetteur à jouer. C’est très excitant. En tous cas, je ne vois pas le métier autrement. Vous parliez de Matuidi ou Gomis, mais il y a également Sidibé qui est parti à Lille, et N’Sakala, qui joue à Anderlecht. Quand il était chez nous, il jouait en réserve en CFA2. Aujourd’hui il dispute la Ligue des Champions. Alors oui, c’est une grande satisfaction.

Quel regard portez-vous sur votre futur adversaire?
La saison dernière, ils ont réalisé un parcours fantastique, tout en s’efforçant de jouer. Pour nous, il s’agira d’un adversaire très dangereux. L’année dernière, ils avaient fait un bon match chez nous. Comme ils possèdent une défense imperméable et qu’ils semblent partis sur la même dynamique, ce sera compliqué. Surtout qu’on n’est pas très bien en ce moment.

Formé aux Girondins où vous avez gagné la coupe Gambardella, que pensez-vous de la politique bordelaise aujourd’hui et de son début de parcours en championnat?
J’ai toujours pensé que les Girondins de Bordeaux étaient un des meilleurs clubs français, qui travaille dans la continuité. Par rapport à la compétition et au marché, à la situation économique difficile, les dirigeants ne se sont jamais laissé envahir par la folie. Ils ont toujours su prendre la hauteur nécessaire par rapport aux événements.

Quel est votre meilleur souvenir en tant qu’entraîneur?
Il y en a plusieurs. Comme je vieillis, j’ai tendance comme les plus de 50 ans à plus parler du passé. Je retiendrai la victoire contre l’Olympique Lyonnais qui sortait d’une confrontation face à Manchester United en Ligue des Champions. Egalement la première accession ici en Ligue 1, mais aussi nos six  mois en Ligue 1 avant de disputer une finale de coupe de France. Ainsi que la fin de saison 2012-2013, ponctuée par une demi-finale de coupe.

 Propos recueillis par Bruno AHIME

DAVID KLEIN, ENTRAINEUR DES GARDIENS DE VALENCIENNES STEPHANE MOULIN ENTRAÎNEUR D’ANGERS DAVID KLEIN, ENTRAINEUR DES GARDIENS DE VALENCIENNES STEPHANE MOULIN ENTRAÎNEUR D’ANGERS
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