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CORINNE DIACRE ENTRAÎNEUR DE CLERMONT

le 28 août 2014
Interview adversaire

 

Corinne bonjour. Devenir la première femme à entraîner une équipe professionnelle masculine, est-ce une situation difficile à vivre?

Très sincèrement, aujourd’hui je suis passée à autre chose. Etre entraîneur de football, qu’on soit un homme ou une femme ce n’est jamais simple. Le fait que je sois la première femme à exercer ce métier chez les hommes modifie sûrement le regard des autres, mais je m’en soucie peu.


Entraîner des hommes, cela faisait partie de vos ambitions?

J’allais vous répondre non, mais en fait ça avait déjà dû me trotter dans la tête. Avant de savoir que j’allais venir à Clermont, j’aurais pu entraîner une équipe masculine niveau DH, voire CFA2.


Avez-vous apporté des modifications dans votre façon de coacher par rapport à l’expérience que vous avez connue chez les femmes?

Non pas du tout. Je fonctionne avec ma personnalité. L’important est de dire ce que l’on fait et de faire ce que l’on a dit. C’est plutôt bien perçu comme fonctionnement. Par les femmes et aussi par les hommes. Le but et les objectifs restent les mêmes.


Notez-vous un comportement spécial de la part des joueurs à votre égard?

Au départ ils ont essayé de me tester. Mais c’est de bonne guerre. C’est une chose qui arrive forcément quand un nouvel entraîneur arrive. On essaie d’obtenir des petites choses. Mais j’ai très vite cadré tout ça. Au final tout s’est installé correctement et facilement.


Vous sentez-vous plus exposée qu’un homme au regard de votre situation unique?

Oui certainement. Depuis ma prise de fonction on a tellement parlé de moi que beaucoup de gens suivent les résultats de Clermont. On se pose la question de savoir si je suis la personne idoine. Si en terme de résultats ce n’est pas plus facile pour un homme, je suis effectivement plus observée qu’eux.


Après l’échec de la venue d’Helena Costa, le Clermont Foot a de nouveau fait appel à une femme. A quoi attribuez-vous cette volonté de vouloir féminiser son staff technique?

Déjà ce n’est pas la volonté du club mais du président et uniquement lui. Il a voulu innover, faire quelque chose de différent. On lui a proposé ce challenge et il l’a relevé. Et le refus d’Helena Costa de dernière minute n’a pas changé sa vision des choses.


Se retrouver sur le devant de la scène, est-ce une pression supplémentaire?

Non, en tous les cas je l’occulte. Une situation nouvelle et unique comme la mienne allait forcément attirer la curiosité. J’en avais bien conscience et je m’y étais préparée.


Depuis le début de saison vous enchaînez les victoires en coupe alors que vous peinez en championnat. Où le bât blesse-t-il?

Difficile à dire. En tous cas j’espère bien inverser la tendance dès vendredi. On reste sur un match sérieux mardi soir (victoire en Coupe de la Ligue à Châteauroux, 3-1). Nous allons essayer de gommer nos petites imperfections et de parfaire ce qui va bien. Je reste persuadée que les points vont venir si nous savons rester un tant soi peu patients.


Vous avez fait toute votre carrière de joueuse professionnelle à Soyaux. Le club des Chamois Niortais doit avoir peu de secrets pour vous…

En fait je connais bien Pascal Gastien. La saison dernière j’ai eu l’occasion de venir trois ou quatre fois à Niort, et c’est lui qui m’a permis de passer l’examen final pédagogique de mon diplôme. Frank Azzopardi m’avait laissé à disposition les 17 ans. En revanche, je ne connais pas Régis Brouard. Je sais que Niort est une équipe qui prône le jeu, comme l’avait instauré Pascal Gastien. Avec un effectif qui a très peu bougé, je m’attends à une équipe difficile à manoeuvrer. 


Vendredi soir vous allez vous retrouvez en face de l’entraîneur (Régis Brouard) auquel vous avez succédé. Est-ce une motivation supplémentaire?

Attention, il ne faut pas se tromper de combat. C’est Clermont qui affronte Niort et non Corinne Diacre face à Régis Brouard. Il n’a pas souhaité prolonger son aventure à Clermont. Entraîner Niort, vu son classement de la saison précédente, est pour lui une très bonne opportunité. Mais il n’y aura pas de match dans le match.


On vient d’apprendre récemment que 12 joueuses de l’équipe nationale de rugby anglaise allaient devenir professionnelles. Comment jugez-vous la place des femmes dans le sport en général?

Pourquoi pas elles? Je ne vois pas pourquoi le sport professionnel serait réservé aux hommes. Si cdela peut permettre de devenir encore plus performant alors allons-y. De surcroît si c’est également pour représenter sa nation. On voit déjà ça dans les sports individuels, comme l’athlétisme ou le tennis où la notoriété de ces sportives est identique ou presque. Alors pourquoi pas dans les sports collectifs? En résumé les femmes ont leur place dans le sport professionnel. On remarque depuis quelques années que l’écart de popularité avec les hommes a tendance à diminuer.


Quel souvenir gardez-vous du but que vous avez inscrit contre l’Angleterre en novembre 2002, propulsant du même coup l’équipe de France en Coupe du monde pour la première fois de son histoire?

Un excellent souvenir, d’autant plus que ce match se déroulait dans le « chaudron » de Geoffroy Guichard devant 25 000 spectateurs. La rencontre avait même été diffusée sur Canal +, chose très rare à cette époque. Mais à l’aller, nous avions également gagné 1-0 grâce à un but de Marinette Pichon. Quand j’ai inscrit le mien au match retour, il aurait fallu que les Anglaises en inscrivent trois. Avec le peu de temps qu’il restait c’était impossible. Le seul petit hic c’est que derrière nous n’avons pas réussi la Coupe du monde que nous espérions, ce qui a forcément laissé quelques regrets…

 

Propos recueillis par Bruno AHIME

 

 

PHILIPPE HINSCHBERGER ENTRAÎNEUR DE CRETEIL JOHAN GASTIEN AVANT DIJON-CHAMOIS PHILIPPE HINSCHBERGER ENTRAÎNEUR DE CRETEIL JOHAN GASTIEN AVANT DIJON-CHAMOIS
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