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ALEX DUPONT, ENTRAINEUR DE BREST

le 7 août 2014
Interview adversaire

 

 Alex bonjour. Etre le premier entraîneur à croiser une femme comme adversaire en compétition, ça fait quoi?

Mes joueurs et moi avions comme unique objectif de nous imposer contre Clermont pour prendre trois points. Pas de battre la première équipe professionnelle entraînée par une femme. Ceci dit, si elle est là c’est qu’elle le mérite. J’ai un profond respect pour elle. Elle est diplômée, compétente, elle mérite donc d’être la première femme à entraîner une équipe pro masculine.


Pour autant vous n’avez pas fait de sentiments en lui faisant subir sa première défaite…

Si, des sentiments j’en ai eu au début. Je lui ai même offert un bouquet de fleurs. Mais je lui ai dit: « Corinne, des fleurs mais pas de cadeaux… »


Trouvez-vous qu’elle a eu beaucoup de courage en acceptant une telle mission?

Bien sûr, il s’agit d’une décision très courageuse. Mais moi je n’ai pas d’a priori à ce qu’une femme soit entraîneur. Elle a été joueuse de haut niveau, elle est titulaire du DEPF, le même que moi et que la plupart de nos collègues. Elle subira la même pression que tous les autres. C’est d’ailleurs elle qui a glissé récemment: « Je vais être considérée comme un entraîneur normal (sic), masculin, quoi. Avec la même obligation de résultats. »


Après avoir terminé la dernière saison sur les chapeaux de roue, vous semblez poursuivre sur la même trajectoire. L’intersaison s’est donc bien passée?

On avait 18 joueurs en fin de contrat et nous avons proposé une prolongation à quatre d’entre eux qui l’ont acceptée. On a surtout essayé d’améliorer notre côté offensif, car c’est là que le bât blessait la saison dernière. Maintenant oui, l’intersaison s’est bien passée. On a fait une bonne préparation, on n’a pas eu de bobos et tous les joueurs sont prêts. Evidemment on va s’efforcer de poursuivre la dynamique de notre fin de saison. La saison dernière, on a fait deux saisons en une. Une première partie où nous avons terminé à la 15ème place, et une seconde où nous avons terminé premier ex aequo avec Caen. Nous n’avons pas tout chamboulé car dans ces cas là on repart de zéro avec beaucoup d’incertitudes. Les joueurs sont là pour préparer le présent mais aussi l’avenir. 


Ne nourrissez-vous pas quelques regrets d’avoir raté votre début de championnat la saison dernière?

Si bien sûr. On peut toujours se dire que si on avait mieux commencé on aurait certainement pu finir plus haut…  Il ne faut pas vivre avec des regrets, mais plutôt s’appuyer sur ce qu’on a fait de bien en fin d’exercice.


Votre équipe fait partie des favoris pour l’accession en Ligue 1. Comment vivez-vous ce statut?

Notre objectif, c’est d’obtenir une bonne qualité de jeu, de jouer un rôle intéressant dans ce championnat, de prendre du plaisir et d’en donner à notre public. Ils étaient encore 10 000 lundi soir. Avec nos moyens, on va s’efforcer de pérenniser le club à un bon niveau de Ligue 2. Mais on jouera pour monter. Il faut surtout conserver notre état d’esprit. Cette saison il y aura un peu plus de concurrence mais ça fait partie du jeu. Tous les garçons savent très bien qu’on ne va gagner qu’à 22.


En venant vous imposer à Niort en varil dernier, vous aviez douché les ambitions des Chamois… Vous attendez-vous à rencontrer une équipe revancharde?

Je ne suis pas dans la peau des Chamois! Nous avons réalisé une bonne fin de saison, mais eux ont été réguliers toute la saison. Ils ont accompli une saison pleine du début à la fin, tout cela sanctionné par une place plus qu’honorable à laquelle on ne les attendait peut-être pas. Quand nous sommes venus les battre, il nous restait une chance, aussi infime soit elle, mais une chance quand même de monter. C’est dans cet esprit et avec cette ambition que nous étions venus nous imposer.


Vous avez été élu meilleur entraîneur de Ligue 2 en 2010, déjà avec le Stade Brestois. C’est un club qui correspond à vos aspirations?

Oui je pense. C’est un club où je me sens bien. Il existe une vraie culture footballistique en Bretagne, à Brest et dans le Finistère. Ici les gens sont vrais. Il faut s’appuyer sur ces valeurs. Respecter cette culture et s’en servir pour réussir. En tous les cas, ce que je peux dire, c’est que le Stade Brestois est un club où j’ai vécu en tant qu’entraîneur des moments très forts.


Historiquement Brest a connu une période prestigieuse en Ligue 1, avec des joueurs de très grand renom (Ginola, Cabanas, Le Guen, Guérin, Julio César, Lama…). Sentez-vous une certaine nostalgie de la part des supporters?

On nous en parle, surtout les anciens qui ont connu cette époque où Brest avait joué un rôle en Ligue 1, avec pas mal de joueurs du crû issus du centre de formation. Cela dit cette époque s’était très mal terminée. Comme ce qui a failli nous arriver il y a peu. Alors de nostalgie il y en a peu, car notre public est jeune et la plupart n’ont pas connu tout ça.


Que vous inspire votre futur adversaire niortais?

On va assister à un bon match de foot. Niort est une équipe qui joue bien au ballon et qui est reconnue comme telle. Après, le score on verra. Niort se trouve également dans une spirale positive. Et s’ils ont perdu deux gros joueurs avec Pallois et Sala, ils disposent encore de beaucoup de ressources.

 

Propos recueillis par Bruno AHIME

Crédit photo: Olivier STEPHAN / SB29.com

 

 

LAVAL-CHAMOIS : 1-1 FLORIAN MARTIN AVANT BREST LAVAL-CHAMOIS : 1-1 FLORIAN MARTIN AVANT BREST
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