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ITW OLIVIER DALL’OGLIO, ENTRAINEUR DE DIJON

Olivier Dall'Oglio


Olivier bonjour, êtes-vous surpris par les débuts tonitruants de votre équipe dans ce championnat ?

Ces résultats n’étaient pas attendus dans la mesure où le club sortait de moments difficiles avec la relégation de Ligue 1, les problèmes internes… On ne savait pas trop où on mettait les pieds. Il fallait construire une équipe pour nous battre dans ce championnat difficile de Ligue 2. Nous avons dû fournir un gros travail pour bâtir des projets de jeu et de vie en commun.

 

Y a-t-il eu beaucoup de mouvements d’effectif à l’intersaison ?

Nous étions en sur-effectif, nous avions trop de joueurs sous contrat. J’ai donc créé deux groupes de travail. Un premier sélectionné pour jouer avec l’équipe première et un second pour la réserve. Nous avons tout de même recruté des joueurs de divisions inférieures, comme on le fait souvent à Dijon.

 

Vous avez vécu la montée en Ligue 1 puis la descente en Ligue 2 depuis l’intérieur du club…

Oui. A Dijon j’ai d’abord travaillé dans le staff technique pendant deux ans, avant de prendre la direction du centre de formation. En fin de saison dernière tout le staff a changé et les éducateurs ont pris l’équipe première en main. Il s’agissait d’assurer la continuité après la crise, en maintenant les valeurs en place.

 

Dijon semble pourtant être déjà un club solide, très professionnel, avec des personnages clés…

Oui. C’est pourtant un club jeune, issu d’une fusion opérée en 1998. Il s’est structuré progressivement, avec la volonté notable d’investir sur les jeunes. Karl Olive est très présent (professionnel des médias notamment, ex-directeur du pôle sports sur Canal +, il est directeur de la communication du Dijon Football CO. NDLR). C’est un club qui a envie de rayonner. Son stade s’est agrandi. Nous avons réussi à fidéliser un public. Lundi dernier face à Clermont il y avait 9 000 spectateurs, 15 000 en Ligue 1 en moyenne la saison dernière. C’est une ville qui aime le sport, qui fait aussi parler d’elle en hand, en basket, en hockey sur glace…

 

Est-ce la relégation qui a entrainé le départ des cadres du club cet été ?

Il existait déjà des tensions entre l’ancien président (Bernard Gnecchi) et l’ex-coach (Patrice Carteron). Elles ont sûrement contribué à déstabiliser l’équipe au cours de la saison. Bon ce n’est pas la seule explication, il y a aussi des raisons purement sportives à cet échec en Ligue 1, mais disons qu’elles ont affaibli l’équipe en créant des problèmes de confiance.

 

Aujourd’hui tous ces problèmes sont derrière vous…

Les résultats sont positifs mais il reste des réglages à faire. Comme souvent dans le foot, l’édifice reste fragile. Le départ de Benjamin Corgnet pour Lorient nous a par exexmple contraints à changer notre style de jeu.

 

Craignez-vous que la récente grave blessure de Grégory Thil handicape votre efficacité offensive ?

Cette perte est un coup dur (il sera absent 6 mois, pour cause d’une rupture des ligaments croisés du genou subie à l’entrainement le 11 septembre dernier. NDLR). D’autant plus que Grégory revenait bien, il venait de marquer… C’est par ailleurs un garçon très professionnel. Mais ça fait partie des aléas d’une saison…

 

Lundi soir, vous avez concédé un nul sur votre terrain face à la lanterne rouge Clermont. Est-ce votre première contre performance ?

Nous sortions d’un match nul décroché à Monaco (1-1 le 14 septembre) et espérions bien faire fructifier ce résultat à domicile par une victoire. Mais nous sommes d’abord tombés sur une bonne équipe de Clermont, qui n’avait rien à perdre en venant chez nous. Et puis il est vrai que nous avons été en panne d’efficacité, notamment au début du match où nous n’avons pas su concrétiser des occasions. Enfin nous avons également fait preuve de fébrilité en défense.

 

Rejouer quatre jours après à Niort, est-ce un réel handicap ?

Oui mais il faut faire avec… Nous savons que nous allons affronter une équipe niortaise qui joue beaucoup et présente de bons arguments offensifs. Elle effectue de très bons débuts pour un promu. Elle a obtenu beaucoup de nuls, preuve qu’elle s’accroche. Le match pourrait être spectaculaire entre ces deux formations qui aiment le jeu.

 

Vos résultats à l’extérieur sont probants (victoire au Mans, nuls à Lens et à Monaco). Craignez-vous vraiment ce déplacement dans les Deux-Sèvres ?

Oui bien sûr. Nos huit matchs ont tous été très accrochés. Je m’attends à une rencontre difficile face à une équipe qui a déjà de nombreux automatismes. C’est un avantage qu’elle a sur nous.

 

Sur un plan personnel, que retenez-vous de votre expérience aux Émirats Arabes Unis (en 2008) ?

J’ai travaillé pour l’équipe nationale en tant qu’adjoint de Dominique Bathenay. Nous devions préparer l’équipe en vue de la Coupe du Monde. C’était une nouveauté de travailler pour une sélection. Cette expérience à l’étranger m’a permis de voyager dans des pays improbables comme la Corée du Nord, l’Iran, le Sultanat d’Oman… Une belle expérience humaine. En revanche au niveau sportif nous partions de trop loin. Nous nous sommes qualifiés pour la Coupe d’Asie mais avons été débarqués après notre échec en qualif pour le Mondial.

 

Chose rare dans le milieu football, vous êtes également artiste-peintre. Cela a-t-il une influence sur votre pratique du métier d’entraîneur ?

Non, je pratique cela comme un hobby. La carrière de footballeur laisse du temps libre et j’ai pu suivre quelques cours du soir aux Beaux Arts quand j’étais joueur. Il n’ y a aucun lien avec le monde du foot. Je fais de la peinture pour prendre du recul, pour sortir du foot justement, même si en ce moment je n’ai pas beaucoup le temps de m’y mettre. J’y donne une libre expression de moi-même, dans un style pop art ou street art. Je fais également des collages. Mais je suis très discret avec ça et le réserve pour le cercle amical.

 
Propos recueillis par Karl DUQUESNOY

 

Article publié le 27 septembre 2012 à 12:38, par Eric Mazet.

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